Ce que je lis en ce moment

mecaulivre

Tu vas voir que je vais te donner le goût de la lecture, moi !

Les Jeunes Filles, Henry de Montherlant

Acheté par hasard, parce que j’aimais le titre, au rabais, chez GIbert. Commencé au mois d’août, le mois où on s’ennuie tout en ayant les boules quand même à cause du temps qui passe. Bref. Et là, je tombe sur une PEPITE ! Un livre un peu démodé, très élégant, très drôle, très incisif, méchant, misogyne comme on ne peut pas imaginer d’en écrire aujourd’hui, touchant, zinzin, comme une vieille comtesse très chic qui cracherait dans la tasse de thé de son vénérable mari

Ce qui est bizarre, c’est que je viens de terminer d’écrire Q.O.L. et je retrouverai presque, dans le personnage de COSTALS, un peu de mon journaliste adoré et ridicule Alexander Starr. Et ce qui est bizarre (je sais, répétitions, mais LA VIE EST BIZARRE !) c’est qu’il excelle dans les métaphores, moi qui en suis une fan inconditionnelle, moi qui ai dû élaguer, élaguer, élaguer, la larme à l’oeil, mon ouvrage et enlever beaucoup de ces jolies images qui me ravissaient, pour alléger la lecture, et bien, voilà que j’en retrouve à la pelle chez cet auteur.

Bon, il faudra attendre un peu pour les citations, là, je dois y aller….

…/…

Alors, attention, accrochez-vous parce que ça pique un peu…

Voici quelques extraits :

Je connais bien l’amour ; c’est un sentiment pour lequel je n’ai pas d’estime. D’ailleurs, il n’existe pas dans la nature ; il est une invention des femmes.

Je vous parle un langage qui doit vous être en partie incompréhensible. Vous y picorerez ce que vous pourrez. Cela vaut mieux que si je m’abaissais à vous.

Les parents sont bien fiers d’avoir produit un lardon, et le trompettent à tous les vents, mais lorsqu’il s’agit de l’élever avec un peu d’intelligence, adieu.

Tout ce qui entoure le mariage est, sans conteste possible, ce qu’on peut imaginer de plus niais dans la vie d’un être humain.

(marrant quand même, que je trouve par hasard ce bouquin après avoir écrit Q.O.L. qui traite justement du mariage d’une façon ironique)

Rien à faire contre cette équation : femmes = chichis.

Mais il ne s’en prend pas qu’aux femmes, les « bourgeois » s’en prennent aussi plein les dents :

Enfin,le chef d’orchestre abaissa sa baguette, et toutes les personnes qui étaient sur la scène se mirent ensemble à faire du bruit. (…/..) Il y eut même des moments où on n’entendit plus aucun son. Ces moments furent magnifiques. (…/…) Des porcs à binocles feignaient que le moindre chuchotement dans la salle leur gâchât leur extase. Des porcs à lunettes se penchaient vers leur lardonne (car on voyait dans la salle des enfants de six ans, là sans doute en punition de quelque faute très grave) pour lui signaler tel passage sacrosaint, afin qu’elle sût une bonne fois que c’était là qu’il fallait être émue.

Mais aussi beaucoup de poésie

Je suis de cette génération sacrifiée, de celle des jeunes filles dont les chances d’amour ont été décimées par la guerre.

Avenue Marceau, le vent du Nord débouchait par chaque rue transversale, avec une emphase stupide.

J’ai trente ans. Ca y est. L’âge de l’attente est fini, celui de la réalisation commence : je suis au pied du mur. Ce qu’il me faut, ce n’est plus du futur, mais du passé; plus de l’espérance, mais des souvenirs. Mon âge est celui où, en Amérique, les vedettes de cinéma se suicident, parce qu’elles n’ont plus rien à attendre de la vie.

C’est parce qu’ils n’ont rien à dire que les couples se disputent.

Jeune homme, je dus faire dire par un médecin de mes amis, à une Américaine en combustion, que la Vénus des carrefours ne m’avait pas laissé indemne.

(C’est quand même plus chic que de dire « j’ai dû demander un à ami médecin de dire à une Américaine qui voulait me pécho, qu’il fallait m’éviter parce qu’une pute m’avait refilé une MST ») Non ?

Quand j’agis avec elle, j’ai l’impression que je suis le Quai d’Orsay : je fais tout à tâtons et à la grâce de Dieu.

Le nom est une âme déjà. Elle s’appelle Solange Dandillon. Sol et Ange, les deux extrémités ! Moi qui touche toujours aux deux à la fois !

Savez-vous, Mademoiselle, que j’ai frôlé des mains, dans la rue, au passage, par besoin du contact humain ?

Et ces journées sans amour, tombant l’une après l’autre. Encore une journée sans amour. Encore vaincu par cette journée-là. Et pourtant, elle a compté quand même, elle vous a rapproché quand même de la mort, alors que seules les journées de bonheur devraient avoir ce droit.

On entendait le bruit des oiseaux qui changeaient de branche, et leurs ombres, en passant, rayaient les troncs des arbres.

Il discerna sur leur gauche une eau qu’il n’avait pas vue, qui peut-être s’était approchée sans bruit pour ne pas les surprendre. Elle brillait, immobile, au-dessous des arbres buveurs.

Enfonçons-nous dans la tête qu’éternité est l’anagramme d’étreinte. Donnons-lui la bagatelle d’une bouffée d’éternité.

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui.

 

 

 

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